Connaître le Foot
| Site: | E-TRAINER |
| Cours: | T.S. Projet football |
| Livre: | Connaître le Foot |
| Imprimé par: | Visiteur anonyme |
| Date: | mercredi 15 avril 2026, 02:53 |
1. Une activité intermittente
Comprendre les exigences du football moderne
Le football moderne est une discipline complexe, exigeante et extrêmement sollicitante pour l’organisme. Un préparateur physique doit connaître avec précision ce qui se passe sur le terrain : quelles distances les joueurs parcourent, à quelle intensité, et avec quelles exigences physiques et physiologiques.
Un match de football dure 90 minutes et représente une activité de type intermittente. Cela signifie une alternance permanente entre des phases d’efforts intenses et des phases de récupération active.
En moyenne, un joueur de haut niveau parcourt 10 à 12 kilomètres par rencontre. L’intensité de jeu correspond à environ 70 % de la VO₂max, avec des pics pouvant dépasser 90 % lors des phases de pressing ou de transition rapide. Ainsi, le football est à la fois un sport d’endurance et d’explosivité.
En référence aux rapports de performance de la Coupe du Monde (FIFA) :
• Un joueur professionnel parcourt 10–12 km par match.
• 150 à 250 actions à haute intensité sont réalisées par rencontre.
• Le rythme moyen correspond à 70–75 % de la VO₂max, avec des pics > 90 % lors des transitions ou séquences de pressing.
• Le temps de "balle en jeu" réel n'excède pas 55–65 minutes, ce qui accentue l’importance des séquences explosives.
2. Toutes filières comprises
Une mobilisation de toutes les filières énergétiques
Sur le plan physiologique, toutes les filières énergétiques sont mobilisées au cours d’un match de football, mais à des degrés différents selon la durée et l’intensité de l’effort.
La filière aérobie
La filière aérobie est prédominante. Elle fournit environ 70 à 80 % de l’énergie totale sur la durée du match. Elle intervient lors des efforts de moyenne à longue durée (supérieurs à 3 minutes), à intensité modérée, comme les courses de replacement, la récupération active entre deux actions ou le maintien du rythme de jeu. Cette filière permet de soutenir l’endurance et d’assurer une bonne récupération entre les phases intenses.
La filière anaérobie lactique
La filière anaérobie lactique prend le relais lors des efforts intenses et prolongés d’une durée d’environ 30 secondes à 2 minutes, à intensité élevée mais non maximale. Elle est mobilisée dans les courses répétées à haute intensité, les actions offensives longues ou les phases de pressing soutenu, où l’organisme produit de l’énergie sans assez d’oxygène, provoquant une accumulation d’acide lactique.
La filière anaérobie alactique
La filière anaérobie alactique, quant à elle, intervient lors des efforts très brefs et explosifs, d’une durée inférieure à 10 secondes, à intensité maximale. Elle est sollicitée pour les sprints courts, les accélérations décisives, les changements de direction rapides ou les sauts puissants. Cette filière utilise directement les réserves d’ATP et de créatine phosphate, sans production d’acide lactique.
Données issues des rapports FIFA, UEFA et de la littérature scientifique (Bangsbo, Rampinini, Mohr) :
✔ Filière aérobie (70–80 % de l'énergie totale) • Mobilisée lors des courses modérées, replacements, récupération active. • Détermine endurance et capacité à maintenir l’intensité sur 90 minutes.
✔ Filière anaérobie lactique (10–20 %) • Sollicitée dans les actions prolongées à haute intensité (30 à 120 sec). • Responsable de l'accumulation de lactate → importante pour transitions longues et pressing.
✔ Filière anaérobie alactique (5–10 % mais déterminante) • Filière des actions décisives : sprints <10 sec, sauts, accélérations, changements de direction.
3. Endurance
L'endurance est la capacité à maintenir un effort prolongé dans le temps sans baisse significative de performance.
Exemple : un joueur qui conserve une intensité élevée de course tout au long des 90 minutes.
Les déterminants physiologiques de l’endurance
- La fonction musculaire : repose sur une capacité oxydative élevée permettant d'utiliser efficacement l’oxygène pour produire de l’énergie à partir des glucides et des lipides.
- Le système cardiovasculaire : assure l’approvisionnement en oxygène et nutriments via le débit cardiaque et la capacité du sang à transporter l’oxygène.
- Le système respiratoire : optimise l’oxygénation musculaire et la tolérance à une charge longue de travail.
Endurance, capacité aérobie et puissance aérobie
Capacité aérobie :
- Durée pendant laquelle un effort modéré peut être maintenu grâce à la filière aérobie.
- Dépend de la réserve énergétique et de la tolérance à la fatigue.
Puissance aérobie (VO₂max) :
- Quantité maximale d’oxygène que l’organisme peut consommer par unité de temps.
- Reflète l’efficacité du système cardio-respiratoire et musculaire à utiliser l’oxygène lors d'un effort maximal.
L’endurance traduit l’équilibre entre la capacité (durée) et la puissance (intensité) du système aérobie. Plus ces deux paramètres sont élevés, plus le joueur peut maintenir un effort intense dans la durée.
4. Force
La force est la capacité des muscles à générer des tensions pour résister à une charge externe. L’aspect nerveux joue un rôle déterminant : le système nerveux doit activer simultanément et rapidement un grand nombre d’unités motrices pour produire la force demandée.
Les facteurs déterminants de la force
- Facteurs musculaires : groupe musculaire sollicité, type de fibres, élasticité.
- Facteurs nerveux : recrutement des unités motrices, fréquence de décharge, coordination intra- et intermusculaire.
De la force sous-maximale à la force maximale
Force sous-maximale :
- Production d'une tension inférieure au potentiel maximal.
- Mobilisation d'une partie seulement des unités motrices.
Force maximale :
- Plus grande force que le système neuromusculaire peut produire volontairement.
- Recrutement complet des unités motrices et synchronisation optimale.
Explosivité et puissance
Explosivité :
Capacité à déclencher immédiatement un niveau maximal de force dès le début de l’effort.
Exemple : un défenseur qui bondit instantanément pour intercepter un centre.
Puissance :
Capacité à produire une force élevée dans un temps très court (force × vitesse).
Exemple : un joueur qui frappe puissamment le ballon et enchaîne sur un sprint.
La force-endurance
La force-endurance est la capacité d’un muscle ou d’un groupe musculaire à répéter ou maintenir des contractions prolongées impliquant une tension musculaire soutenue.
5. Résistance
La résistance peut être définie comme la capacité du système neuromusculaire et cardio-respiratoire à produire, maintenir et répéter un effort de force sur la durée, tout en retardant l’apparition de la fatigue.
Elle représente la faculté d’un joueur à supporter de nombreuses actions exigeantes, accélérations, changements de direction, duels, sauts, frappes, sans perte d’intensité ni de précision.
Résistance = Force × Endurance
Du côté physiologique : Le système musculaire : développement de la tolérance à la fatigue locale (lactate, microtraumatismes, baisse énergétique); et le système cardio-respiratoire : assure un apport constant en oxygène et nutriments et facilite la récupération entre les efforts intenses répétés.
Les deux formes principales de résistance en football
• Résistance aérobie :
- Capacité à maintenir un effort modéré et continu sur la durée.
- Exemples : couverture du terrain, replacement, endurance générale.
• Résistance anaérobie :
- Capacité à répéter des efforts intenses de courte durée avec récupération incomplète.
- Sprints, duels, frappes répétées.
- Repose sur la tolérance à l’accumulation du lactate.
La résistance spécifique du footballeur
En match, le joueur alterne en permanence efforts explosifs et phases de récupération active. La résistance spécifique se situe donc entre les pôles aérobie et anaérobie.
La résistance est une qualité essentielle : elle permet de maintenir un haut niveau d’intensité tout au long du match, garantissant continuité de l’effort, précision technique et efficacité tactique.
6. Vitesse
La vitesse est la capacité d’un joueur à effectuer un mouvement ou une action motrice dans le temps le plus court possible. Dans le football, elle se manifeste dans des actions décisives : un appel en profondeur, une course de replacement défensif ou un geste technique rapide.
La vitesse de réaction
C’est le temps mis par un joueur pour réagir à un signal (visuel, sonore ou kinesthésique).
Exemple : intercepter une passe dès qu’elle est déclenchée, ou partir instantanément au sifflet du coach.
La vitesse d’exécution (ou vitesse gestuelle)
Rapidité d’un mouvement technique une fois la décision prise.
Exemple : contrôler et frapper en un minimum de temps.
La vitesse de déplacement (ou vitesse de course)
Capacité à atteindre une grande vitesse sur une courte distance.
Exemple : un sprint de 5 à 30 mètres pour devancer un adversaire.
La vélocité
Rapidité d’exécution répétée de mouvements cycliques.
Exemple : petits appuis rapides, élévations de genoux, appuis dans une échelle de rythme.
La fréquence gestuelle
Capacité à enchaîner plusieurs gestes successifs très rapidement.
Exemple : série de dribbles rapides, touches de balle rapprochées.
La vitesse dans le football : une qualité multidimensionnelle
La vitesse au football n’est pas qu’un sprint : elle combine réactivité, rapidité d’exécution, vitesse de déplacement et prise de décision. Le préparateur physique doit donc développer ces formes de vitesse en lien direct avec les exigences techniques et tactiques du jeu.
7. Coordination
La coordination est la capacité à organiser et à synchroniser efficacement les mouvements du corps pour atteindre un objectif moteur. C’est l’exemple du joueur qui contrôle le ballon du pied tout en ajustant sa course et sa vision de jeu.
À travers la coordination, le joueur ajuste sa gestuelle, son équilibre et sa perception du jeu pour exécuter des actions complexes avec fluidité et efficacité.
Les principales formes de coordination
1. La dissociation segmentaire
Aptitude à dissocier les actions des différentes parties du corps tout en gardant équilibre et précision.
2. La coordination intermusculaire
Capacité à faire travailler plusieurs groupes musculaires en synergie.
3. L’adaptation motrice
Capacité à modifier son mouvement en fonction d’une situation changeante.
4. Le rythme et le tempo
Capacité à gérer la cadence des mouvements et à s’adapter au rythme du jeu.
Une qualité transversale
La coordination soutient toutes les autres qualités physiques : vitesse, force, agilité, endurance. Un joueur expérimenté exécute ses gestes avec économie d’énergie, même sous pression.
La coordination se développe par des situations variées : exercices d’appuis, jonglages, changements de direction, feintes, enchaînements techniques, jeux réduits, exercices d’équilibre dynamique.
8. Agilité
L’agilité est la capacité à changer rapidement et efficacement de direction ou de position tout en maintenant le contrôle du corps et du ballon. Elle combine vitesse de réaction, coordination, équilibre, force de freinage et de relance.
En football, elle apparaît dans chaque duel, dribble, changement de direction ou ajustement défensif. C’est une qualité clé face à l’imprévisibilité du jeu.
Les composantes de l’agilité
1. La capacité de changement de direction
Faculté à modifier la trajectoire du corps après une course.
Exemple : un défenseur qui se retourne pour suivre un appel profond ou un attaquant qui élimine un adversaire avec deux appuis rapides.
2. La réactivité
Capacité à répondre instantanément à un signal ou à un mouvement.
Exemple : ajuster sa course selon un déplacement adverse ou un changement de trajectoire du ballon.
3. L’équilibre dynamique
Capacité à contrôler sa posture en mouvement, même lors de freinages, pivots ou déséquilibres.
Exemple : conserver le ballon après un contact ou une feinte.
4. L’anticipation des actions
Lire rapidement le jeu et anticiper les situations.
Exemple : deviner une trajectoire de passe et ajuster sa course avant l’adversaire.
Développer l’agilité
L’agilité se développe par : exercices d’appuis (échelles, plots, haies), travail de vitesse, situations de réaction et de prise d’information (stimuli visuels ou aléatoires), enchaînements techniques à vitesse variable et jeux réduits.
Synthèse
L’agilité, ce n’est pas seulement bouger vite : c’est bouger juste, en fonction du jeu. Elle se situe à la croisée de la vitesse et de la coordination, et conditionne la capacité du joueur à réagir, s’adapter et performer sous pression.
9. Souplesse
La souplesse est la capacité à effectuer des mouvements avec la plus grande amplitude possible. Elle dépend de la mobilité articulaire (capacité de mouvement dans une articulation) et de l’élasticité musculaire (aptitude du muscle à s’étirer et à revenir à sa longueur initiale).
En football, la souplesse facilite les gestes techniques, prévient les blessures et maintient la fluidité des mouvements malgré l’intensité du jeu.
Les composantes de la souplesse
• La mobilité articulaire
Capacité d’une articulation à parcourir toute son amplitude anatomique.
Exemple : mobilité du bassin lors d’une frappe, mobilité de la hanche lors d’une extension, rotation du tronc pour orienter une passe.
• L’élasticité musculaire
Capacité d’un muscle à s’allonger et à reprendre sa forme initiale.
Exemple : ischio-jambiers et quadriceps lors d’un tir ou d’un sprint.
• La souplesse statique
Capacité à maintenir un étirement sur une durée donnée.
Exemple : étirement du mollet ou des adducteurs après une séance.
• La souplesse dynamique
Capacité à réaliser un mouvement ample et rapide, tout en conservant le contrôle.
Exemple : lever la jambe pour intercepter un ballon ou frapper en extension.
Développer la souplesse
La souplesse se développe par des étirements statiques, dynamiques, et par un travail de mobilité articulaire active. Ces méthodes permettent d’entretenir la qualité musculaire et d’améliorer la capacité du joueur à exécuter des mouvements amples et précis.
Développer la souplesse permet au footballeur d’exprimer pleinement sa technique, de réduire les risques de blessure et d’améliorer son efficacité dans toutes les phases du jeu.
10. Qualités cognitives
La performance en football repose aussi sur un ensemble de qualités cognitives, permettant au joueur de percevoir, traiter et agir efficacement dans un environnement complexe, changeant et incertain.
Le joueur doit continuellement :
• Percevoir les signaux pertinents (coéquipiers, adversaires, ballon),
• Décider rapidement de l’action optimale,
• Agir de manière coordonnée et efficace.
Ces trois étapes Perception, Décision, Action sont la base du traitement de l’information en football.
1. Perception : capter l’information pertinente
La perception regroupe les processus sensoriels permettant de recueillir les informations visuelles, auditives, proprioceptives et kinesthésiques nécessaires à l’action.
En football :
- La vision périphérique détecte les déplacements des partenaires et adversaires.
- La perception du mouvement aide à anticiper la trajectoire du ballon ou la course d’un adversaire.
- La proprioception / extéroception guide la posture, les appuis, l’équilibre et les ajustements moteurs.
2. Le traitement de l’information : analyser et décider
C’est la capacité à interpréter les signaux perçus, à évaluer les options possibles et à choisir la réponse motrice la plus efficace selon le contexte.
En football :
- Le défenseur décide s’il doit intervenir, contenir ou temporiser.
- L’attaquant choisit entre tirer, dribbler ou passer en une fraction de seconde.
Ces décisions reposent sur l’expérience, l’apprentissage et les mécanismes du traitement cognitif.
3. L’action motrice : exécuter avec efficience
L’action est la mise en œuvre motrice de la décision. Elle englobe la coordination des mouvements, la vitesse gestuelle et la maîtrise technique.
La qualité du geste traduit la maîtrise de toute la chaîne Perception → Décision → Action.